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Diriger par l’engagement

WASHINGTON, DC – Dans son premier discours inaugural, le président américain Barack Obama avait lancé une invitation aux pays du monde les plus fermés. « Nous vous tendrons la main si vous êtes capable d’ouvrir le poing, » avait-il déclaré. Ces mots résumaient la politique étrangère « d’engagement » à laquelle il s’est tenu tout au long de son premier mandat – une approche qui en dépit de certains défauts, a beaucoup de mérite.

Obama ne voulait pas poursuivre la politique de son prédécesseur George W. Bush visant à isoler les « états voyous », estimant que le seul espoir pour l’Amérique d’influencer la posture des pays isolés était de s’engager directement avec eux dans un contexte bilatéral. Et en matière de stratégie bilatérale, l’engagement a fait la preuve de son étonnante efficacité, ayant permis des ouvertures historiques, d’abord au Myanmar et maintenant à Cuba, tout en contribuant à certaines avancées dans le très long processus d’accord sur le programme nucléaire de l’Iran.

Pour autant, l’administration Obama n’a jamais caché que cet engagement n’était pas une fin en soi, mais un moyen d’atteindre différents objectifs, qu’ils soient d’ordre bilatéral ou régional.

Au Myanmar, l’objectif bilatéral était d’encourager le gouvernement à une plus grande ouverture et plus de démocratie – on ne peut nier que les choses aient évolué. L’assignation à résidence de la chef de file du mouvement pro-démocratie et prix Nobel, Madame Aung San Suu Kyi a été levée ; son parti a remporté des sièges supplémentaires au parlement ; et des millions de Birmans étudient aujourd’hui la constitution de leur pays et déposent des amendements.