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La véritable erreur d’Obama en Syrie

DENVER – Alors que le mandat du président américain Barack Obama approche de sa fin, il a dû essuyer des critiques de plus en plus virulentes ne pas avoir fait cesser les massacres en Syrie — ce que beaucoup appellent sa « pire erreur ». Les options préconisées par ses critiques auraient été tout aussi problématiques.

Les détracteurs d’Obama condamnent sa décision de ne pas avoir lancé, dès les débuts du conflit une intervention militaire énergique pour renverser le président syrien Bachar el-Assad, lorsque les États-Unis auraient pu appuyer des forces plus modérées censées être actives à l’époque. À tout le moins, soutiennent ces critiques, Obama aurait dû faire respecter la « ligne rouge à ne pas franchir » qu’il avait tracée, comme une intervention au cas où le régime Assad déployait des armes chimiques.

En n’intervenant pas plus tôt et plus fermement, l’impression générale est qu’Obama, même avec l’aval des Nations Unies, n’a pas assumé sa « responsabilité de protéger » les populations civiles des exactions criminelles de l’État. Qui plus est, il a laissé la voie libre aux puissances extérieures qui appuient Assad — particulièrement la Russie, qui a envoyé des avions d’entraînement et d’assaut pour aider les troupes d’Assad — pour qu’elles interviennent dans le conflit.

Cette critique est non fondée. Même si Obama a assurément fait des erreurs dans sa politique à l’égard de la Syrie — des erreurs qui ont contribué à la faire chuter dans une spirale descendante — l’interventionnisme de plus en plus préconisé tant par les pontes du camp de la gauche que par ceux des milieux néoconservateurs s’est avéré destructeur en maintes occasions, notamment en Iraq et en Libye.