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Remettre la lutte contre la prolifération nucléaire à l’ordre du jour

MADRID – La récente visite du président américain Barack Obama à Hiroshima n’était pas une étape diplomatique usuelle. Non seulement était-elle la toute première visite d’un président américain en exercice dans cette ville, rasée par une bombe atomique américaine en 1945, elle a également attiré l’attention sur le bilan d’Obama en matière de non-prolifération nucléaire.

Lors d’un discours prononcé à Prague en 2009, Obama avait qualifié les armes nucléaires de « menace la plus immédiate et la plus extrême pour la sécurité du monde » compte tenu du fait qu’elles peuvent tomber aux mains de terroristes ou d’autres groupes rebelles. Il s’était également engagé à réduire leur rôle dans la stratégie de sécurité nationale des États-Unis. Au cours de l’allocution empreinte d’émotion prononcée à Hiroshima, Obama a de nouveau souligné la nécessité d’œuvrer à un monde sans armes nucléaires. Il a décrit la « révolution morale » qui doit accompagner les progrès technologiques et invité les sociétés à résister à la « logique de la peur » qui les incite à conserver leur arsenal nucléaire.

Mais si les deux discours expriment des idées similaires, ils ont été prononcés dans des contextes politiques très différents. En fait, la politique nucléaire de l’administration Obama a considérablement changé depuis 2009, lorsque la non-prolifération nucléaire était l’une des priorités de sa politique étrangère.

En 2010, Obama avait réuni les dirigeants mondiaux pour le tout premier Sommet sur la sécurité nucléaire qui avait notamment pour objectif de faire en sorte que les matériaux nucléaires ne tombent pas aux mains de terroristes – une préoccupation qui s’est révélée justifiée. Si l’autre objectif initial, geler les stocks de plutonium et d’uranium hautement enrichi, n’a pas été atteint, les quatre sommets tenus depuis lors ont débouché sur une réduction des autres sources de matériaux radioactifs et une amélioration des mesures de sécurité.