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Un processus d'Helsinki pour la Corée ?

SEOUL – Le mois dernier, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont évité de justesse une confrontation militaire catastrophique. Après 40 heures de négociations intenses, le Sud a accepté d'arrêter sa diffusion par haut-parleurs dans la zone démilitarisée entre les deux pays, en contrepartie de l'expression du « regret » du Nord, à l'égard des soldats sud-coréens tués par l'explosion d'une mine terrestre en zone démilitarisée trois mois auparavant.

Bien que cette crise ait fourni son lot habituel de belligérance et de rhétorique agressive de la part de la Corée du Nord, elle a produit également quelques nouveaux rebondissements intéressants. Comprendre ces développements pourrait bien aider à créer assez d'énergie pour enclencher, après plus de sept ans de confrontation, une véritable coopération inter-coréenne et aider à guider la péninsule vers un avenir plus pacifique et plus sûr.

La première nouveauté est la réponse beaucoup plus ferme du leadership sud-coréen aux provocations du Nord. En 2010, l'opinion publique sud-coréenne s'est montrée très critique suite à l'échec de l'armée à riposter immédiatement après le naufrage par la Corée du Nord du Cheonan, un navire de guerre sud-coréen transportant plus de 100 personnes, ainsi qu'au bombardement par la Corée du Nord de l'île de Yeonpyeong la même année. En revanche, après les récentes explosions de mines terrestres, la présidente Park Geun-hye a maintenu ses exigences d'excuses face au Nord, qui a nié avoir posé des mines. Sa cote de confiance a grimpé à 50%, contre 30% le mois précédent.

Ce changement, même s'il est populaire en Corée du Sud, comporte des risques graves pour la péninsule. Si le Sud inflexible s'amuse à jouer au plus fort sur le plan militaire face à un Nord souvent audacieux et au comportement toujours imprévisible, les résultats pourraient être catastrophiques. En ce sens, un cadre institutionnel pour une paix inter-coréenne permanente est plus urgent que jamais.