benami182_VAHID REZA ALAEIAFP via Getty Images_irannuclearmissile Vahid Reza Alaei/AFP via Getty Images

Tolérer une puissance nucléaire iranienne

TEL AVIV – En 1977, le Vice-Premier ministre Yigael Yadin demandait au président égyptien Anouar El-Sadate, lors de la visite historique que fit celui-ci à Jérusalem, pourquoi l’armée égyptienne n’avait-elle pas poursuivi son avancée au-delà des cols du Sinaï durant la guerre du Kippour, en 1973 : « Vous possédez l’arme nucléaire. Ne l’avez-vous pas entendu dire ? » Telle fut la réponse de Sadate.

Bien sûr, les capacités nucléaires israéliennes tenaient de la rumeur. Aujourd’hui encore, Israël n’a pas officiellement confirmé l’existence d’un programme nucléaire. Mais le secret le plus mal gardé d’Israël a longtemps décidé de la vie politique régionale, et dissuadé les ennemis d’Israël. Peut-il dissuader l’Iran ?

En 1967, David Ben Gourion, qui avait occupé le premier les fonctions de Premier ministre d’Israël, et Shimon Peres, qui serait plus tard Premier ministre lui-même, et président, insistèrent pour qu’Israël teste une arme nucléaire rudimentaire, afin de dissuader une offensive égyptienne. À l’époque, Israël était virtuellement seul dans un voisinage hostile. La France – qui auparavant avait été son principal fournisseur d’armes – l’avait depuis peu abandonné, et Tel-Aviv était encore loin du degré de proximité stratégique actuel avec les États-Unis. La position de Ben Gourion traduisait sa conviction qu’Israël était une entité intrinsèquement fragile, entourée d’ennemis mortels avec lesquelles la guerre, faute du soutien d’une grande puissance étrangère, était inévitable.

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