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Pas de blanc-seing pour Paulson

NEW YORK – Le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars du secrétaire américain au Trésor Hank Paulson s’est heurté à des difficultés au Congrès. Et c’est normal : il est mal conçu. Le Congrès abdiquerait ses responsabilités s’il donnait un blanc-seing au secrétaire au Trésor. Le projet de loi soumis au Congrès allait jusqu’à impliquer que les décisions du secrétaire n’auraient à être révisées par aucune cour ni organisme administratif - la réalisation suprême du rêve de l’administration Bush d’un exécutif unitaire.

Le passif de Paulson n’inspire pas assez la confiance pour le laisser gérer plus de 700 milliards de dollars. Ce sont ses actes de la semaine dernière qui ont provoqué la crise rendant ce sauvetage nécessaire. Lundi, il laissé Lehman Brothers couler et a refusé de mettre des fonds gouvernementaux à disposition pour sauver AIG. Mardi, il a été obligé de faire marche arrière et de fournir un prêt de 85 milliards de dollars, avec des conditions sévères pour AIG.

La faillite de Lehman a semé la confusion sur le marché des billets de trésorerie. Un grand fonds commun de placement est passé sous la barre de 1 dollar et les banques d’investissement qui comptaient sur ce marché ont éprouvé des difficultés à financer leurs opérations. Jeudi, la ruée sur les fonds communs de placement battait son plein ; nous n’avions jamais été aussi près d’un effondrement depuis les années 1930. Paulson a de nouveau fait volte-face et a avancé un plan de sauvetage du système.

Paulson avait déjà obtenu un blanc seing du Congrès à une occasion. Il avait eu toute latitude pour gérer le problème de Fannie Mae et Freddie Mac. Sa solution a jeté le marché immobilier dans la pire des catastrophes : les dirigeants, conscients qu’ils perdraient leurs postes si les blancs-seings étaient utilisés, ont réduit les dépenses, rendu les hypothèques plus chères et moins facilement accessibles. En quelques semaines, le marché a forcé la main de Paulson et il a été obligé de les mettre sous tutelle.