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La politique des taux d’intérêt négatifs

ATHÈNES – Toutes les bonnes choses ont un prix. Seules les mauvaises, à l’instar des déchets toxiques, présentent un prix négatif, qui équivaut au montant que le protagoniste est prêt à payer pour les faire disparaître. Se pourrait-il que les taux d’intérêt négatifs signifient l’émergence d’une nouvelle vision de l’argent selon laquelle il serait devenu une « mauvaise » chose ?

Au sein des économies de marché, l’argent constitue la mesure de la valeur des biens et des services. Le taux d’intérêt représente le prix de cette mesure – c’est-à-dire le prix de l’argent lui-même. Lorsque ce prix se situe au niveau zéro, peu importe que l’argent soit prêté ou conservé sous un matelas, puisque le coût d’une telle conservation ou d’un tel emprunt est nul.

Mais comment est-il possible que le prix de l’argent – qui après tout fait tourner le monde, ou qui selon Karl Marx « transforme toutes [les] impuissances en leur contraire » – se situe au niveau zéro ? Et comment expliquer qu’il puisse devenir négatif, comme c’est actuellement le cas dans la majeure partie de l’économie mondiale, à l’heure où les plus fortunés de ce monde « soudoient » les États pour leur emprunter plus de 5 500 milliards $ ?

La réponse ne peut revêtir qu’une nature que les économistes ont en horreur, à savoir une nature philosophique, politique, et par conséquent irréductible à une explication positiviste et rationnelle. Autrement dit, la réponse doit avoir trait à l’essence même de l’argent.