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La France va mal

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PARIS – La France va mal, fort mal même, en cet automne 2013. Ses difficultés ne sont pourtant que la coloration particulière que l'histoire et la culture donnent dans ce pays a des problèmes ou des défis qui concernent le monde entier.

Comme tout le monde et notamment comme tous les pays développés, elle subit les effets de ces immenses mutations en cours qui affectent la phase présente du capitalisme. La première est l'arrivée du modèle du capitalisme industriel à maturation. Depuis la saturation en occident et au Japon des marchés de premier achat de l'automobile, du réfrigérateur et de la télévision et leur remplacement par des marchés de renouvellement, infiniment moins dynamiques, il n'y a plus d'objet industriel de consommation de masse exigeant autant de force de travail : les industries de la communication et les services personnels n'y suffisent pas. La croissance stagne et l'emploi diminue.

Une autre mutation s'est produite pendant les même deux ou trois décennies. Le regroupement des actionnaires en fonds de pension, fonds d'investissements et fonds d'arbitrage a permis à ces mêmes actionnaires d'augmenter énormément la pression qu'ils exercent sur les compagnies pour en extraire du dividende. Externalisation maximale de la main d'œuvre, valse des PDG, multiplication des OPA, restructurations de toutes sortes, lien des rémunérations des dirigeants avec les cours boursiers par le canal des stock-options pour assurer leur solidarité avec ces politiques... Le résultat est massif : dans tous les pays de l'OCDE la part des salaires dans le PIB est passée en moyenne de 67-68 % à 56-57 %.