13

La Mission de Macron

PRINCETON – Le succès du centriste Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle française est susceptible de redynamiser l'Europe. Contrairement aux autres candidats, Macron ne reconnaît pas seulement la nécessité d'un changement radical de l'Union européenne; il propose d’y parvenir à travers une coopération à l'échelle européenne. Mais la pluralité du vote populaire en faveur de Macron était étroite, et une part beaucoup plus importante des électeurs français a soutenu une vision politique très différente.

Il s’agit d’une vision basée sur la nostalgie et l’isolement, telle qu’épousée par la rivale de Macron au second tour, la candidate du parti d’extrême-droite Front National Marine Le Pen. Son slogan – « on est chez nous » – met en évidence sa volonté d’enfermer la France dans un cocon national pour la protéger de la « mondialisation sauvage ».

Mais Le Pen n'était pas la seule à promouvoir cette vision. L'un des candidats qui a terminé quatrième, Jean-Luc Mélenchon de l’extrême gauche, a également construit sa candidature sur un populisme économique simpliste. Par exemple, comme Le Pen, il a promis une réduction radicale de l'âge de la retraite, sans expliquer comment le financer.

Et tous deux ont joué sur la germanophobie, en se concentrant sur la crise de la dette européenne et l'insistance de l'Allemagne sur l'austérité. Le Pen accuse Macron d'aspirer à être vice-chancelier de l'Europe, bras droit de la chancelière allemande Angela Merkel, tout en se déclarant avec fierté d'être elle-même « anti-Merkel ». Mélenchon affirme que l'Allemagne est motivée par l'individualisme radical, le néolibéralisme et les intérêts économiques d’une population vieillissante.