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Logique de l’action climatique efficace

BERKELEY – Dans son ouvrage classique intitulé Logique de l’action collective, le grand et regretté Mancur Olson explique que les mesures politiques les plus difficiles à mettre en œuvre sont celles qui présentent des bienfaits diffus et des coûts concentrés. Le raisonnement d’Olson est simple : les individus voués à en supporter les coûts s’opposeront vigoureusement à une mesure proposée, tandis que les bénéficiaires en profiteront volontiers, préférant voir quelqu’un d’autre la subir.

La vision d’Olson s’applique au défi politique le plus urgent que connaisse l’humanité aujourd’hui : le changement climatique. Les économistes s’accordent pour considérer que le point de départ face à ce défi réside dans une taxe sur le carbone. La réduction des émissions qui en résulterait produirait des bienfaits pour globalement tous les habitants de la planète. Seulement voilà, plusieurs segments spécifiques de la société – les intérêts concentrés qu’évoque Olson – sont voués à supporter une part disproportionnée des coûts, et à se mobiliser pour s’opposer à cette démarche.

Les gilets jaunes de France en sont la parfaite illustration. Comme tous les mouvements de masse, les gilets jaunes ont formulé de nombreuses revendications. La cause première de leur mécontentement résidait toutefois dans la mise en place d’une taxe sur le carburant, destinée à lutter contre le changement climatique. Les habitants des campagnes sont en effet plus dépendants de leur voiture, camionnette et tracteur que les citadins, qui ont la possibilité de se rendre au travail à bicyclette ou en métro. Cette augmentation de taxe frappait les premiers là où cela fait mal, à savoir au portefeuille.

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