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La leçon des élections italiennes

NEW-YORK – Le résultat des élections italiennes constitue un signal clair pour les dirigeants européens : les électeurs rejettent leur politique d'austérité.

Le projet européen, aussi idéaliste soit-il, repose depuis le début sur une structure pyramidale. Mais cela ne revient pas à encourager les technocrates à régir des Etats en court-circuitant semble-t-il les processus démocratiques et à imposer des politiques qui conduisent à un appauvrissement généralisé.

Même si les dirigeants européens évitent de le dire, une grande partie de l'UE est en dépression. Depuis le début de la crise, la diminution de la production italienne est de même proportion que celle des années 1930. En Grèce, le taux de chômage des jeunes dépasse maintenant 60%, et en Espagne 50%. Avec la destruction de son capital humain, le tissu social européen part en lambeaux et son avenir est menacé.

Les gourous de l'économie déclarent qu'ils faut maintenir le cap. Les dirigeants politiques qui proposent une autre voie sont qualifiés de populistes. Pourtant leur recette ne marche pas, et il n'y a aucun espoir qu'elle marche, si ce n'est à aggraver encore la situation. Il faudra au moins 10 ans pour que l'Europe se remette des dégâts causés par l'austérité.