0

La Libye: une transition difficile

SYRTE, LIBYE – Les Libyens célèbrent le premier anniversaire d’une révolution qui a balayé Mouammar Kadhafi, mais ils sont de plus en plus irrités par le nouveau gouvernement provisoire, le Conseil national de transition (CNT), auquel ils reprochent de tarder à chasser les cadres de Kadhafi ou à freiner les miliciens qui ont renversé l’ancien régime.

Le CNT est là pour satisfaire aux demandes des Libyens, mais il manque des qualités techniques et du temps qu’il faudrait pour y répondre avant les élections, provisoirement programmées pour l’été prochain, ce qui l’oblige, avant de remettre le pouvoir entre les mains d’un gouvernement élu, à ne s’en tenir qu’à un petit nombre de mesures importantes.

Aucune expérience politique n’est exigée pour entrer au CNT. L’un de ses membres y a été admis pour avoir déserté, il y a 20 ans, avec un avion de combat MIG, d’autres pour avoir été prisonniers politiques ou dissidents en exil.

Trop peu versé dans l’art de la politique, le CNT manque souvent de la clairvoyance requise pour les décisions importantes. Pendant les huit mois qu’ont duré la révolution l’an dernier, le CNT s’est attaché à renverser Kadhafi, à s’attirer la reconnaissance internationale et à récupérer les avoirs gelés libyens. Ces tâches ne lui ont pas laissé le loisir de réfléchir à la Libye d’après-Kadhafi. Aujourd’hui, le CNT se trouve tout simplement devant un défaut de ressources humaines pour assurer la transition.