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Une ère nouvelle au Moyen-Orient ?

La coïncidence dans le temps entre l’annonce par le Premier Ministre d’Israël Ariel Sharon de son intention de retirer unilatéralement l’armée israélienne de Gaza, de la mort d’Arafat suivie de la décision palestinienne d’élire son successeur au suffrage universel et de la décision d’Israël d’encourager une telle procédure plutôt que de l’interdire à cause de la situation d’occupation –ce qui est unique au monde-, de l’élection incontestablement démocratique de Mahmoud Abbas, reconnue telle par tous les observateurs, et enfin du soutien donné par la Président égyptien Moubarak au projet de retrait de Gaza, ce qui ouvre une perspective de négociations, tout cela fait une séquence impressionnante d’évènements positifs comme on n’en avait pas connu depuis longtemps dans la région.

De ce fait l’optimisme a repris sa place chez beaucoup de commentateurs. Même Ariel Sharon se hasarde à des commentaires favorables, et la diplomatie américaine exprime visiblement un certain soulagement.

Et en effet cette séquence est forte. Je rentre personnellement de Palestine où j’ai dirigé pendant près de cinq semaines la mission d’observateurs de l’Union Européenne, qui fut la plus grosse jamais mise en place par l’Union : 260 observateurs, dont 40 pendant cinq semaines et tous les autres pour le jour du vote et du décompte. Mon témoignage est formel : les circonstances étaient difficiles et le vote malaisé, mais il fut sans contrainte et sans trucage. Vu les conditions, la participation électorale de quelque 60 % est même étonnante. Incontestablement M. Abbas fut démocratiquement élu, et tout aussi incontestablement le peuple palestinien a fait le choix de la démocratie ce qui exprime le choix d’une perspective de paix négociée.

Mais il reste des terroristes qui n’ont pas fait ce choix. Peu nombreux mais très dangereux.