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Laissons échouer le cycle de Doha

Imaginons que les ministres du commerce de tous les pays sortent de la réunion de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui se déroulera prochainement à Hong Kong, avec une déclaration toute simple : « Nous n'avons pas réussi à trouver un accord, nous ferons mieux la prochaine fois ». Cela pousserait le cycle de Doha, et son principe de « développement », vers une conclusion sans succès mais cela ne serait en aucun cas une catastrophe.

Voyez ce que disent les responsables de la Banque mondiale et de l’OMC et vous obtiendrez une bonne dose de déclarations exagérées sur les avantages qu’offrirait le cycle de Doha en cas de réussite. Ces responsables semblent souvent nous dirent que, dans les pays en développement, la survie de centaines de millions de pauvres est dans la balance. Examinez ces déclarations de près et vous découvrirez qu'elles sont bâties sans fondement.

L’estimation la plus récente de la Banque mondiale indique que la libéralisation totale du commerce (y compris dans la fabrication et le développement des nations elles-mêmes) produirait un gain net d’un demi-point de revenu pour les pays en développement. Mais cela n’empêche pas la Banque de faire de son mieux pour cacher ce faible impact derrière des déclarations qui semblent très impressionnantes.

Le fait est que l’économie mondiale est plus ouverte aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été et qu’elle le restera, même si les négociations du cycle de Doha se concluent sur un échec. Les pays en développement se sont, pour la plupart, ouverts de manière significative au commerce international et n’utilisent plus les politiques d’autrefois qui leur faisaient grand tort, notamment les quotas limitant les importations.