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Deux recommandations politiques pour la crise mondiale

WASHINGTON, DC – Une chose que les experts savent, et que les non-experts ignorent, c'est que l’étendue de leurs connaissances est plus limitée que ce que pensent les non-experts. Ceci est apparu de manière évidente lors des Spring Meetings du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui viennent de s'achever – trois jours intenses de pourparlers qui ont réuni ministres des finances, banquiers centraux et autres décideurs politiques.

Notre expertise économique est limitée en plusieurs aspects fondamentaux. Prenez les politiques monétaire et budgétaire. Malgré des décennies de collecte de données et de recherche mathématique et statistique approfondie, sur nombre de grandes questions, nous ne disposons guère que de règles générales approximatives. Par exemple, nous savons qu’il convient de baisser les taux d'intérêt et d'injecter des liquidités pour lutter contre la stagnation, et qu’il convient au contraire de relever les taux directeurs et les ratios de réserve de trésorerie des banques pour étouffer l'inflation. Parfois, nous nous appuyons sur notre jugement en associant aux mesures de taux d'intérêt des opérations d'open-market. Mais le fait demeure que notre compréhension de la mécanique de ces politiques est rudimentaire.

Ces règles générales fonctionnent (au moins assez pour être tolérées) grâce à l'évolution. Au fil du temps, les mauvais choix sont pénalisés et, soit leurs utilisateurs apprennent en regardant les autres, soit ils disparaissent. Nous obtenons de bonnes politiques monétaires et budgétaires de la même façon que les oiseaux construisent de bons nids.

Comme avec tous les comportements façonnés par l'évolution, lorsque l'environnement change, il y a un risque que les adaptations existantes deviennent dysfonctionnelles. Tel a été le sort de certaines de nos politiques macroéconomiques standard. La formation de la zone euro et un demi-siècle de mondialisation inexorable ont modifié le paysage économique mondial, rendant les politiques d’autrefois inefficaces.