23

Pour un mouvement humaniste paneuropéen

ATHENES – Le référendum britannique sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE a engendré des alliances surprenantes et des antagonismes encore plus surprenants. Des conservateurs s'étant brutalement opposés à d'autres conservateurs, le fossé ainsi créé dans l'establishment conservateur a focalisé l'attention. Mais il en a été de même (heureusement de manière plus civilisée) de mon coté, à gauche.

Ayant fait campagne contre le Brexit depuis plusieurs mois en Angleterre, au Pays de Galles, en Irlande du Nord et en Ecosse, il était inévitable que je devienne la cible de ses partisans de gauche.

Ces derniers rejettent l'appel du DiEM25, le mouvement pour une démocratie radicale en Europe, créé à Berlin en février dernier, en faveur d'un mouvement paneuropéen pour changer l'UE de l'intérieur. Pour ces partisans du Brexit, relancer une politique progressiste suppose de quitter une Union européenne néolibérale impossible à transformer. Cette situation a entraîné un débat dont la gauche avait besoin.

A gauche beaucoup critiquent à juste titre ceux qui dans leur propre camp estiment un peu trop rapidement que du fait de la mondialisation, les Etats-nations ont perdu leur raison d'être. Certes, ils se sont affaiblis, mais pour autant il ne faut pas confondre pouvoir étatique et souveraineté.