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Les hauts et les bas des régimes de change latino-américains

BUENOS AIRES – Depuis la Seconde guerre mondiale, les pays d’Amérique latine ont, d’une certaine manière, fait office de laboratoires des régimes de change. D’innombrables régimes ont été essayés dans tout le continent – certains ont été un succès, d’autres un échec lamentable.

Mais dans tous les cas, les choix politiques relatifs aux taux de change ont joué un rôle prépondérant dans les résultats macroéconomiques de ces pays. Et aujourd’hui, après deux décennies de turbulences, il semble que les pays du continent convergent vers un cadre monétaire plus unifié et plus durable.

Les années 1980 ont été une décennie douloureuse pour la majorité des pays latino-américains. Le deuxième choc pétrolier et des taux d’intérêts élevés sur les marchés internationaux, couplés à l’absence d’investissements étrangers directs, ont créé des déséquilibres internes et externes importants et des niveaux de dettes extérieures considérables. Dans tous les principaux pays, cette situation s’est traduite par des défauts de paiement, des ajustements importants et constants des taux de change et à la fin de la décennie, par une spirale inflationniste ou déflationniste, proche dans certains cas d’une hyperinflation.

Ces événements traumatisants furent le cadre des hauts et des bas des régimes de change latino-américains, pendant deux décennies, caractérisés par : l’essai d’un régime de change fixe comme instrument de contrôle de l’inflation – et l’échec colossal de cette expérience ; et le passage au cours de la dernière décennie à des régimes plus flexibles, dans lesquels le taux de change ne jouait plus un rôle central dans le contrôle de l’inflation, mais sans pour autant autoriser un flottement pur sur le marché des changes.