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Les mesures « Abenomics » au banc d'essai

TOKYO – Cela va bientôt faire un an que le Premier Ministre Shinzo Abe a lancé son plan pour relever l'économie du Japon après deux décennies de déflation et de récession. Quel est à présent le bilan des mesures « Abenomics » ?

Pour répondre à cette question, il faut décomposer les Abenomics en leurs trois composantes : un assouplissement monétairemassif, une politique fiscale expansionniste et une stratégie de croissance à long terme – que Abe, en référence au conte de Motonari Mori, un daimyo du seizième-siècle (seigneur féodal), a appelé les « trois flèches. » Selon la légende, Mori a appris à chacun de ses trois fils à casser une flèche en deux. Après qu'ils aient réussi, il leur a dit de lier trois flèches ensemble et de les briser l'ensemble d'un seul coup : ce qu'aucun d'entre eux n'a su faire.

Comme les trois flèches de Mori, les trois flèches des Abenomics sont censées se renforcer mutuellement. Mais les flèches de Mori étaient liées en parallèle, alors que les flèches de la politique d'Abe sont reliées par des relations structurelles sous-jacentes. Alors que la première et la deuxième flèche visent à transformer le modèle de croissance réelle du Japon, la troisième fonctionne sur le modèle de croissance potentielle de l'économie, ce qui suppose l'utilisation optimale de toutes les ressources et de toutes les technologies disponibles.

Depuis que les mesures Abenomics ont été lancées, « l'écart de déflation » (la différence entre le rendement réel et potentiel) a chuté d'approximativement 3% à -1,5%. Ceci implique qu'alors que les deux premières flèches aident à améliorer le modèle réel de croissance du Japon, la troisième flèche a encore beaucoup à faire pour la croissance potentielle.