4

L’Ukraine de l’Amérique latine

MEXICO – Tout laisse à croire que la communauté internationale s’est résignée à l’annexion de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine, un geste que le vice-président Joe Biden a qualifié d’accaparement de terres. Une fois que Poutine a décidé qu’il assumerait la conséquence de ses actions, il n’y avait plus grand chose que les Etats-Unis, l’Union européenne ou les Nations unies puissent faire.

Dans le même temps, l’Amérique latine est confrontée à un problème opposé. Alors que les pays de la région ont les moyens de stopper la catastrophe politique, économique et humaine en devenir au Venezuela, ils n’en ont pas la volonté, et puisque l’attention du reste du monde est focalisée sur l’Ukraine, ils ne sont pas soumis aux pressions qui pourraient les inciter à agir.

Dans le cas de l’Ukraine, les Etats-Unis et l’Union européenne semblent avoir convenu d’un plan d’action sensé – ou plus exactement d’une réponse réaliste à deux volets – qui ne produira sans doute pas de résultats spectaculaires, mais qui est de loin préférable à la passivité.

Premièrement, les sanctions imposées jusqu’à présent – annulations de visa, saisies ou gel d’actifs, et d’autres mesures similaires – ne rendront pas Sébastopol à l’Ukraine, mais elles se feront ressentir tôt ou tard, du moins dans certains secteurs d’activité russes. Qu’elles divisent, ou unissent, les oligarques, ou qu’elles les obligent à rapatrier leurs fonds ou au contraire à les sortir de Russie, est impossible à prévoir.