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En Europe bat un cœur gaulois

MADRID ‒ L’Europe a besoin d’une France fière, prospère, et capable de s’affranchir des craintes qui l’éprouvent. Il nous faut pouvoir compter sur ce grand pays qu’a été et que sera la France ‒ inspiratrice du monde entier à travers sa Révolution, sa culture et ses valeurs. « Sans l’Europe, la France ne sera plus rien, » a un jour fait valoir l’intellectuel et homme politique Alain Peyrefitte, également confident du général de Gaulle. Il n’en demeure pas moins que sans la France, l’Europe elle-même serait vouée au néant.

En cette année de commémorations, il convient de réfléchir à l’avenir de la France. Le 14 juillet dernier, journée nationale en France, à l’occasion du 225e anniversaire de la prise de la Bastille, les soldats algériens ont défilé sur les Champs-Élysées pour la première fois depuis la guerre d’indépendance algérienne, il y a un demi-siècle. Un véritable et émouvant symbole de la transcendance historique. Nous commémorons également le centenaire de l’explosion de la Première Guerre mondiale, ainsi que les 25 ans de la chute du mur de Berlin, qui aboutit rapidement à la réunification de l’Allemagne.

L’Europe a beaucoup changé depuis lors. Il y a vingt-cinq ans, la République fédérale d’Allemagne présentait une population similaire en nombre à celle de la France, autour de 60 millions d’habitants (soit l’Italie et la Grande-Bretagne d’aujourd’hui). La réunification allemande a permis au pays d’intégrer 16 millions de citoyens supplémentaires issus de l’ancienne Allemagne de l’Est, faisant clairement de cette République fédérale élargie l’État le plus peuplé de l’Union européenne.

Cette évolution a contrarié l’équilibre de cet axe franco-allemand autour duquel s’ancrait l’UE depuis de nombreuses années. Afin d’éviter un certain nombre de conséquences politiques négatives, l’Allemagne a consenti à une sous-représentation du poids de son vote autour des questions intéressant l’UE ‒ un déséquilibre des votes qui ne sera véritablement rectifié qu’à l’occasion du traité de Lisbonne, qui prit effet en 2009.