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Quelles priorités pour l'Europe ?

MADRID – L'élection du Parlement européen a mis en évidence la frustration, le mécontentement et la défiance des électeurs tant à l'égard de l’Union européenne que de leur propre gouvernement. Les institutions européennes vont être confrontées maintenant à une législature marquée par un mécontentement croissant, tandis que l'euroscepticisme va peser lourdement sur les politiques nationales. Si l'UE veut conserver un minimum de confiance dans l'opinion publique, elle doit écouter davantage et agir en conséquence. Dans ce contexte il est indispensable d'établir des priorités stratégiques.

Incontestablement, il faut placer l'économie en tête de liste. Des progrès importants ont été accomplis en ce qui concerne les nouveaux instruments d'intégration comme le Mécanisme européen de stabilité (MES) et l'union bancaire. Mais beaucoup reste encore à faire.

La prochaine Commission européenne devra prendre des mesures audacieuses pour stimuler la croissance et lutter contre le chômage, de telle façon que les pays du sud européen réussissent à concilier la réduction de leur déficit et de leur endettement avec le retour de la croissance. Au bout du compte, c'est seulement cette dernière qui leur permettra de parvenir à une viabilité budgétaire à long terme. La Commission doit aussi lutter contre le chômage, en priorité celui des jeunes. Le retour du dynamisme, le rebond de la demande et de la consommation dépendent de son succès.

Le soutien à la recherche et au développement dans le secteur public et dans le secteur privé constitue le fondement d'une politique de croissance. Ainsi, l'UE ne devrait pas intégrer le budget de recherche et développement (ainsi qu'une partie du budget consacré à lutter contre le chômage des jeunes) dans le déficit comptable des pays membres. Ce principe s'applique à l'aide au secteur financier et il serait tout aussi pertinent de l'appliquer aux investissements. En ce qui concerne les rentrées budgétaires, l'Europe a besoin d'une certaine homogénéité, au moins pour la fiscalité des entreprises, et éviter ainsi une course vers le bas.