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La revanche des Mandarins au Japon

OSAKA – Depuis le terrible tremblement de terre qui a frappé la côte pacifique du Japon à Tohoku le 11 mars 2011, les médias de masse japonais reviennent avec insistance sur l’ampleur des dommages physiques et le nombre de vies perdues. Les diffusions répétées de vidéos traumatisantes du grand tsunami et des dommages subis par les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi sont désormais gravées dans la mémoire collective japonaise.

Un an plus tard, les médias prennent soin de faire le rapport détaillé des événements et de diffuser tous le même message, celui de l’encouragement du public japonais à faire preuve d’autant plus de détermination pour faire face au désastre. Pourtant, il se pourrait que les Japonais soient d’ores et déjà les prisonniers d’un piège imprévu.

Ce qu’endure le peuple japonais depuis près d’un an est en quelque sorte semblable à ce dont les Américains ont fait l’expérience aux lendemains des attentats du 11 septembre 2001. Ces événements ont profondément faussé le discours public. Aux États-Unis, le gouvernement s’est appuyé sur une propagande massive pour solliciter le soutien de l’opinion dans la «amp guerre contre le terrorismeamp » qu’il s’apprêtait à engager. Les vidéos diffusées, notamment celles de l’effondrement des tours jumelles du World Trade center, ont attisé les flammes du conflit.amp

Au Japon, les images du désastre post-séisme/tsunami/accident nucléaire ont été utilisées pour réunir le peuple japonais autour de la réhabilitation de régions malmenées par les bureaucrates, et de la poursuite du statut national de partenaire junior des États-Unis existant depuis des décennies, que l’opinion publique rejette depuis l’élection générale de 2008.