21

Le retour de la solution jordanienne

TEL-AVIV – L’initiative française de réunir une conférence internationale pour relancer les pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens, tournée vers une « solution à deux États », toujours plus évanescente, est l’enfant d’un phantasme rémanent. Mais après des décennies de négociations ratées, il est temps de commencer à penser comme des adultes.

Ni la société israélienne ni la société palestinienne ne sont prêtes au compromis. Bien au contraire. En Israël, le nationalisme de plus en plus marqué est devenu l’un des principaux obstacles à la négociation. L’accueil fait par le Premier ministre Benyamin Netanyahou aux éléments ultranationalistes ne permet pas d’imaginer qu’il formulera le type de propositions de paix soutenues par ses prédécesseurs Ehud Barak et Ehud Olmert. Quant à la Palestine, son gouvernement divisé sape toute possibilité de véritable négociation.

Au-delà même de la conjoncture, l’échec réitéré du processus de paix a des raisons plus profondes. Le rôle de l’histoire et de la religion dans le conflit, ainsi que l’exiguïté du territoire disputé par les parties, laisse peu de place à la conciliation. 

Autre raison de fond : l’interlocuteur palestinien n’est pas un État mais un mouvement imprévisible, qui n’est pas institutionnellement structuré mais scindé entre des islamistes rêvant d’une nation arabe sans frontières et des nationalistes laïcs impuissants à faire prévaloir leurs vues, ayant par quatre fois (en 1937, en 1947, en 2000 et en 2008) refusé les propositions de création d’un État palestinien.