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benami146_ KAROLY ARVAIAFPGetty Images_ Karoly Arvai/AFP/Getty Images

L’antisémitisme prend un nouveau nom

MADRID – Au cours des siècles, dans les sociétés chrétiennes ou musulmanes, les juifs ont été accusés de toutes sortes de maux, de la Peste noire du XIVe siècle aux krachs financiers contemporains. En 1903, Le Protocole des sages de Sion, rédigé par la police secrète de la Russie tsariste, « révélait », un diabolique complot juif pour parvenir à la domination du monde en diffusant les idées libérales – et devenait un prétexte à l’antisémitisme en Europe. Ces discours ont toujours cours, mais aujourd’hui, ils se projettent sur une seule personne, un unique juif : George Soros.   

Des théoriciens de la conspiration, antimondialistes de droite – un groupe qui comprend désormais le président des États-Unis Donald Trump – diabolisent Soros, un juif riche, fermement engagé dans la défense des causes libérales. Bill O’Reilly, ancien présentateur de la chaîne de télévision Fox News qualifiait Soros, en 2007, de « dangereux, au-delà de toute mesure » et d’« extrémiste, partisan de l’ouverture des frontières, d’une politique étrangère mondiale, de la légalisation des drogues, de l’euthanasie, et ainsi de suite ». Pour le Texan Alex Jones, fondateur du site web conspirationniste Infowars, Soros n’est rien moins que « le chef de la mafia juive », conspirant pour faire échouer la présidence Trump.

Ces gens-là imaginent presque partout la main cachée du « milliardaire gauchiste ». Lorsqu’une caravane de demandeurs d’asile désespérés s’est mise en marche depuis l’Amérique centrale vers la frontière des États-Unis, avant les récentes élections américaines de mi-mandat, il ne pouvait s’agir que d’un coup monté par Soros pour que les démocrates regagnent la majorité au Congrès. Lorsque les rescapés d’une fusillade à la Marjory Stoneman Douglas High School de Parkland, en Floride, ont lancé une campagne en faveur du contrôle des armes à feu, c’était Soros, encore lui, qui les finançait. Et c’est aussi Soros, bien sûr, qui a organisé le témoignage de Christine Blasey Ford devant le Sénat, où elle a accusé publiquement Brett Kavanaugh, le juge choisi par Trump afin de pourvoir un poste vacant à la Cour suprême, de l’avoir sexuellement agressée.

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