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Le dilemme des rançons

PRINCETON – Quiconque ne partage pas l’idéologie du prétendu « État islamique » d’Irak et de Syrie sera d’accord pour condamner l’atrocité avec laquelle les partisans de ce groupe décapitent ceux qu’ils retiennent en otage. La question divise en revanche s’agissant des décisions secrètes consistant pour certains gouvernements européens à verser une rançon à ces groupes terroristes afin que ceux-ci libèrent leurs ressortissants. 

Bien que les otages de l’État islamique présentent diverses nationalités, le groupe compte à ce jour parmi les victimes de décapitation des citoyens exclusivement américains et britanniques. L’unique otage européen ayant semble-t-il été directement exécuté par l’État islamique n’est autre que le Russe Sergey Gorbunov, au sujet duquel peu d’informations existent. Aucun proche ou parent de Gorbunov ne s’est manifesté, et aucune vidéo de sa mort n’a été publiée. Les dirigeants russes ont par ailleurs publiquement émis des doutes quant à sa citoyenneté russe.

Par opposition, l’État islamique a jusqu’à présent libéré 15 otages, parmi lesquels des ressortissants d’Italie, de France, de Suisse, du Danemark et d’Espagne.

Rukmini Callimachi, correspondante pour le New York Times, s’est intéressée à cette différence de traitement des otages. Les gouvernements américain et britannique applique une politique de longue date consistant à refuser de verser la moindre rançon aux organisations terroristes. En effet, lorsque Michael Foley, frère de l’otage James Foley, a reçu une demande de rançon, le FBI lui a rappelé qu’en vertu de la législation américaine, tout versement d’argent à une entreprise terroriste constituait un crime. Foley a plus tard été exécuté.