0

Surévalué, l’euro?

CAMBRIDGE – A Paris ou à Berlin, les prix ne laissent pas de surprendre le touriste américain. Aujourd’hui, le taux de change est au désavantage du touriste, et une chambre d’hôtel, un simple repas ou une chemise pour homme, sont plus chers dans ces villes qu’à New York ou à Chicago. Il faudrait, pour que ces biens et services coûtent le même prix qu’aux Etats-Unis, que l’euro cède autour de 15%, à 1,10 dollar l’euro environ.

Sur la base de cette arithmétique, on a tôt fait de conclure que l’euro est surévalué et que la baisse amorcée en décembre par cette monnaie va sûrement s’accentuer, mais ces conclusions seraient erronées. Certaines perspectives indiquent plutôt que l’euro va certainement repasser à 1,60 dollar, son niveau de 2008.

Trois raisons expliquent les écarts d’appréciation de notre touriste. Première raison, les prix qu’il peut voir sont généralement augmentés du montant de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), appliquée partout en Europe et inexistante aux Etats-Unis. Ôtez le taux de la TVA – ordinairement de 15% ou davantage – et vous retrouvez les prix américains.

Deuxième raison, les biens et services qu’achète le touriste ne sont qu’une part infime de l’assortiment de biens et services qui s’échangent au niveau international. La gamme des biens exportés par l’Europe comprend les équipements, les produits chimiques et une infinité de produits qu’un consommateur n’achète pas directement. Pour être en mesure de savoir si ces prix sont “trop élevés” par rapport au cours du change du moment, il faut se pencher sur la balance commerciale.