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Il faut maintenir les plans de relance

LONDRES –  Les différents plans de relance économique parviennent-ils à redonner vie à des économies moribondes, ou bien préparent-ils le terrain à l'inflation et à une dette d'un poids insupportable ? Probablement les deux, la grande question étant de savoir dans quel ordre.

La théorie qui sous-tend les plans de relance adoptés dans de nombreux pays repose sur la notion d'écart de production ("output gap"), autrement dit la différence entre la production économique réelle et la production potentielle. Si la première est inférieure à la seconde, l'ensemble des dépenses ne permet pas d'acheter tout ce que l'économie peut produire.

Les plans de relance gouvernementaux ont pour objectif d'accroitre la dépense globale. Le gouvernement peut soit augmenter les dépenses publiques, soit stimuler les dépenses privées par une baisse d'impôt ou une baisse des taux d'intérêt. Cela permettra à la production réelle d'atteindre le niveau de la production potentielle, mettant fin à l'écart de production.

Certains économistes, de moins en moins nombreux, nient qu'il puisse y avoir un écart de production. Ils estiment qu'il y a toujours plein emploi. Si aujourd'hui il y a davantage de chômeurs, c'est parce que davantage de gens ont décidé de ne pas travailler. D'après ce raisonnement, beaucoup de banquiers ont simplement décidé de prendre des vacances prolongées après la crise financière de septembre dernier. Toujours selon eux,  la production correspond à ce que les gens veulent produire. Aussi, toute tentative de stimulation économique va conduire à une hausse des prix, les consommateurs dépensant davantage d'argent pour la même quantité de biens et services.