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Présidentielles en Iran : l’enlisement

WASHINGTON, DC – La décision de l’ancien président Mohammed Khatami de retirer sa candidature en dit long sur l’enlisement actuel de la politique en Iran. Pourtant, le plus gros point d’interrogation des dixièmes élections présidentielles iraniennes prévues en juin n'est pas tant son résultat, mais ce que ce dernier révèlera des intentions du Guide Suprême du pays : l’Ayatollah Ali Khamenei.

Il est malheureusement très probable que le résultat permettra de poursuivre la transformation du gouvernement civil de la république islamique en un état de garnison, dans lequel les autorités militaires jouent un rôle déterminant dans les affaires politiques et économiques.

S’il est impossible de prévoir le résultat, ce n’est pas parce que l’Iran est une démocratie. L’Ayatollah Khamenei, qui est aussi le commandant en chef des forces armées, dirige les organismes qui organiseront les élections�: le Conseil des gardiens et le ministère de l’Intérieur, qui supervisent le processus électoral, et la milice Basij et le Corps des gardes de la révolution islamique (IRGC), qui contrôlent officieusement les urnes et le comptage des voix.

De récents sondages montrent que l’impopularité croissante du président actuel, Mahmoud Ahmadinejad, est principalement due à ses mesures économiques. Même si le prix du pétrole a atteint un record sans précèdent en 2008, le chômage et l’inflation (s’élevant aujourd’hui à 31�%)  sont incontrôlables et le budget du gouvernement souffre d’un déficit de 44 milliards de dollars. Environ 80�% de l’économie reposent sur le secteur public, notamment sur les recettes désormais en chute libre du pétrole, tandis que les banques iraniennes sont confrontées à une crise du crédit – le gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Mahmoud Bahmani, ayant annoncé des paiements non effectués à environ 38 milliards de dollars.