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Un autre regard sur le rapport des services de renseignement américain relatif à l'Iran et au nucléaire

NEW YORK – En raison du rapport de la direction du Renseignement national des USA selon lequel l'Iran a eu un "programme d'armement militaire", mais qu'il a été suspendu en 2003, il n'y aura probablement pas d'attaque américaine contre l'Iran durant le mandat de Bush. Comment pourrait-il expliquer qu'il bombarde une installation militaire nucléaire iranienne inexistante aux yeux de ses propres services de renseignement ?

Le monde s'est vu ainsi épargné une politique qui aurait été aussi vaine que destructrice. Attaquer l'Iran aurait été probablement le seul acte qui aurait amené l'Iran à acquérir un armement nucléaire (neuf ans après le bombardement israélien sur le réacteur nucléaire d'Osirak en 1981, Saddam Hussein était à moins d'un an d'avoir une bombe atomique).

Pourtant les services du Renseignement national sont parvenus à leur conclusion d'une manière assez étrange. Toute personne compétente dans le domaine sait que les chemins qui mènent au nucléaire civil et au nucléaire militaire sont les mêmes, à part les toutes dernières étapes, relativement simples. La difficulté est d'obtenir de la matière fissile – du plutonium ou de l'uranium hautement enrichi. Une fois obtenue, n'importe quel pays, voire un groupe de terroristes quelque peu sophistiqué, peut faire le reste.

Une centrale nucléaire utilise comme combustible de l'uranium faiblement enrichi. Si dans les mêmes lieux on l'enrichit encore un peu, on obtient de l'uranium hautement enrichi (UHE) utilisable pour réaliser une bombe atomique. La dernière étape - rassembler deux morceaux d'UHE pour obtenir la masse critique nécessaire à une explosion - est simple : la recette peut être téléchargée sur internet. Le "secret" de la bombe à hydrogène a été publié en 1979 par le magazine in The Progressive dans un article de Howard Morland. Le gouvernement américain a alors ouvert une procédure judiciaire pour le censurer, mais il n'y est pas parvenu.