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Invincible brésil ?

Deux questions dominent le débat économique en Amérique latine ces dernières années. Tout d’abord, quand la période actuelle de grande liquidités internationales finira-t-elle ? Deuxièmement, que se passera-t-il alors ? Nous pourrions aussi y ajouter une troisième question, liée aux autres : les gouvernements latino-américains se préparent-ils à ce moment ? Dans le cas du Brésil, la réponse semble ambiguë, en tout cas à première vue.

D’un côté, le Brésil est resté plus ou moins au point mort en termes de réformes économiques depuis le début de l’administration du président Luiz Inácio Lula da Silva en 2003. Les changements fondamentaux du code des impôts, du code du travail et du système de retraites n’ont simplement pas eu lieu.

D’un autre côté, alors que les prêteurs exigeaient autrefois du Brésil des engagements que sa situation politique l’empêchait de tenir, ces mêmes investisseurs semblent aujourd’hui totalement satisfaits du Brésil, malgré sa politique économique paralytique.

Il y a des raisons objectives à ces changements. Pour la première fois en plusieurs décennies, le Brésil a été capable de tirer parti d’une bonne période économique pour réduire sa dette extérieure, réduisant ce faisant les risques pour les prêteurs. En effet, le ratio du service de la dette aux exportations du Brésil en 2006 est au plus bas depuis 50 ans. En outre, alors que la dette extérieure brute du Brésil chutait de 50 milliards de dollars au cours des huit dernières années, ses réserves de devises étrangères augmentaient rapidement, surtout au cours des deux dernières années, réduisant la dette extérieure nette de plus de 120 milliards de dollars depuis la crise de 1999 (voir le tableau).