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Les normes internationales au sein du cyberespace

CAMBRIDGE – La Conférence mondiale 2015 sur le cyberespace s’est tenue le mois dernier aux Pays-Bas, réunissant au total près de 2 000 dirigeants gouvernementaux, universitaires, représentants du secteur, et autres acteurs. J’ai à cette occasion présidé un panel autour des questions de paix et de sécurité dans le cyberespace, au sein duquel intervenaient le vice-président de Microsoft ainsi que deux ministres des Affaires étrangères. Cette  conférence à acteurs multiples est la plus récente d’une série de démarches visant à instaurer les règles de base nécessaires à la prévention d’un cyberconflit.

La possibilité d’user d’Internet dans le but d’infliger des dommages est aujourd’hui bien établie. Plusieurs observateurs pensent que les gouvernements américain et israélien aurait été il y a quelque temps à l’initiative d’une attaque visant à détruire plusieurs milliers d’ordinateurs appartenant à la société Saudi Aramco. Certains accusent la Russie d’avoir procédé à des attaques par déni de service contre l’Estonie et la Géorgie. Pas plus tard qu’au mois de janvier, le prédisent américain Barack Obama attribuait au gouvernement nord-coréen l’attaque perpétrée contre Sony Pictures.

Jusqu’à une période récente, la cybersécurité s’inscrivait principalement dans l’univers restreint d’une petite communauté d’experts informatiques. À l’époque de la création d’Internet, dans les années 1970, ses membres constituaient une sorte de village virtuel ; chacun connaissait son semblable, et tous travaillaient ensemble à l’élaboration d’un système ouvert, ne prêtant que peu d’attention à la sécurité.

Par la suite, dans les années 1990, est apparu ce que l’on a appelé le Web, intégrant au départ quelques millions d’utilisateurs, contre plus de trois milliards aujourd’hui. En un peu plus d’une génération, Internet est devenu le support de l’économie planétaire et de la gouvernance mondiale. Plusieurs milliards d’internautes supplémentaires feront leur apparition au cours de la prochaine décennie, de même que plusieurs dizaines de milliards d’appareils connectés, allant du simple thermostat aux systèmes de contrôle industriels les plus complexes (le fameux « Internet des Objets »).