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Catastrophes, assurances et mondialisation

Près de 6 mois après la destruction de la moitié de La Nouvelle-Orléans par l'ouragan Katrina, de nombreuses victimes expriment colère et ressentiment, car tous leurs espoirs de dédommagement ont été balayés. Cette situation est d'autant plus douloureuse que beaucoup d'entre elles se trouvent dans une situation qui aurait pu être évitée : propriétaires de leur logement, elles ont subi des pertes énormes, mais ne sont pas indemnisés parce qu'elles n'étaient pas, ou insuffisamment assurés. Elles pensaient souvent ne pas avoir les moyens suffisants pour souscrire la police d'assurance voulue.

Cette situation risque de se reproduire lors des prochaines catastrophes - tempête, tremblement de terre, tsunami, éruption volcanique, feu de forêt, catastrophe écologique, épidémie ou attentat. Il est donc nécessaire d'en comprendre les causes et de se demander dans quelle mesure les systèmes d'assurance peuvent fournir la protection voulue face aux risques auxquels nous sommes exposés.

Selon un rapport de l'Institut d'information sur l'assurance, les demandes de près de 70% des propriétaires de logement avaient été traitées fin janvier, ceci pour un total de 7,5 milliards de dollars. Cela peut paraître beaucoup, mais étant donné qu'il y a eu près de 200.000 habitations gravement endommagées ou détruites, cela représente moins de 40.000 dollars par habitation, ce qui est manifestement insuffisant.

60% des propriétaires de la Nouvelle-Orléans ne disposaient d'aucune assurance contre les inondations. Et parmi ceux qui étaient assurés, beaucoup ont découvert que des clauses restreignait leur indemnisation. Dans certains cas, les compagnies d'assurance ont invoqué des articles du contrat indiquant que l'indemnisation était moindre si les dégâts étaient dus à une inondation et non à un ouragan. Aux yeux des victimes, cela pouvait donner l'impression de couper les cheveux en quatre, alors qu'elles ont tout perdu, mais telles sont les termes du contrat qu'elles ont signés, sans toujours bien les lire.