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De nouveaux titres pour l’investissement des infrastructures

SINGAPOUR – Les projets d’infrastructures sont parmi les investissements les plus productifs qu’une société peut être amenée à entreprendre, avec de réelles implications sur la croissance économique d’un pays. Pour les investisseurs privés, cependant, la situation est plus compliquée. Les projets d’infrastructure peuvent générer des retours sur investissement fiables – même si généralement inférieurs à la moyenne. Mais les types d’actifs existants n’offrent le plus souvent pas la structure nécessaire pour permettre à ces projets d’être concurrentiels face aux traditionnelles participations par actions ou par emprunt.

Lors du sommet annuel du Forum Économique Mondial de Davos, Walter Kielholz, président de Swiss Re, et l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown ont encouragé la création d’un nouveau type d’actifs pour les infrastructures – ainsi que nous l’avions déjà fait précédemment. Donc, comment le monde peut-il exploiter au mieux ce potentiel qu’offre l’argent privé dans les infrastructures ?

La taille du gâteau est gigantesque, tout comme le sont les opportunités pour les investisseurs privés. Le portefeuille de projets d’infrastructure dans les marchés émergents aurait dépassé mille milliards de dollars – dont 150 milliards de dollars doit provenir de sources privées. Dans les marchés matures, les investissements dans les infrastructures devraient atteindre quatre mille milliards de dollars en 2017.

Notre analyse des investissements couvre les dix-huit derniers mois et montre que les partenariats public-privé se tournent de plus en plus vers les marchés de capitaux pour trouver des fonds, même si les banques ont resserré leur politique de crédit afin de respecter les provisions règlementaires établies par le troisième accord de Bâle. Les liquidités restent limitées après la crise financière de 2008 qui a entrainé un régime règlementaire peu propice aux investissements à long terme. Si les investissements dans les infrastructures publiques ont retrouvé leur niveau de 2008, seule une part réduite de ce financement concerne de nouveaux projets. La plupart des fonds ont été consacrés à des infrastructures déjà existantes – des investissements jugés relativement sûrs, puisqu’ils impliquent peu ou pas de risque de construction et ont fait la preuve de leur potentiel à générer des revenus liquides stables.