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Les élites indiennes en crise

NEW DELHI – Compte tenu d’une population de 1,2 milliards d’habitants, l’élite dirigeante de l’Inde est étonnamment réduite, et maîtrise tout, du gouvernement aux grandes entreprises et même les organes sportifs. Mais une série de scandales, dont certains impliquent des milliards de dollars, ont depuis peu sérieusement entamé l’image de cette élite aux yeux de l’opinion indienne.

Pratiquement toute personne en position de pouvoir en Inde, y compris les journalistes de la presse écrite et télévisuelle connus, est maintenant considérée avec méfiance. Et ce à un moment où la croissance économique projette une population jeune et en pleine ascension sociale dans la classe moyenne urbaine. Cette nouvelle classe moyenne n’est plus contrainte par les systèmes de parrainage villageois, mais elle ne profite pas non plus  de cette confortable relation qui lie la vieille classe moyenne à l’élite. Cette crise de l’élite pourrait-elle déclencher son propre « moment Tiananmen » ?

A l’exception des régimes totalitaires, l’élite d’un pays dépend d’un certain degré d’assentiment populaire, qui dérive principalement de la conviction selon laquelle l’élite est généralement « juste » dans ses relations. Suite à la récente série de scandales, l’Indien moyen n’y croit plus.

L’Inde n’est bien sûr pas la seule à avoir des doutes concernant son élite dirigeante. Presque tous les pays connaissant un glissement de l’équilibre pré-industriel basé sur le parrainage vers un équilibre fondé sur des institutions modernes et l’autorité de la loi ont été confrontés à des crises de légitimité similaires.