Les vérités qui dérangent Al Gore

Le film de l'ancien vice-président américain Al Gore sur le réchauffement de la planète va bientôt sortir sur les écrans. Une vérité qui dérange a été accueilli par une critique enthousiaste, tant en Amérique qu'en Europe, et il est quasiment assuré d'un succès mondial. Pourtant, si ce film joue sur l'émotion et les images provoquantes, les arguments rationnels font souvent défaut.

Une vérité qui dérange souligne trois éléments : le réchauffement planétaire est bien réel, il va provoquer des catastrophes et réagir devrait être la priorité des priorités. Malheureusement pour les producteurs du film, seul le premier élément est exact. S'il est sympathique de voir Gore aller à l'encontre de la tendance dominante d'un pays dans lequel beaucoup de personnes haut placées nient l'existence même du réchauffement planétaire, beaucoup de ses prophéties apocalyptiques induisent totalement en erreur. Sa plus grande erreur est de suggérer que l'humanité a le devoir moral d'intervenir sur le changement climatique, du fait que nous réalisons qu'il y a un problème. Cela paraît naïf et pas tout à fait honnête.

Il y a beaucoup de problèmes planétaires que nous pourrions facilement résoudre. Les maladies que l'on peut prévenir, comme le sida, les diarrhées et le paludisme tuent 15 millions de personnes chaque année. Plus de la moitié de la population mondiale est touchée par la malnutrition. Huit cent millions de personnes ne sont jamais allées à l'école. Un milliard de personnes n'a pas accès à l'eau potable. A l'aune de ces problèmes, pourquoi faire du changement climatique notre priorité absolue ? La réponse de Gore ne résiste pas à l'examen.

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