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Le linge sale du FMI

BERKELEY – Lors de la crise financière asiatique de 1998, l'assistance financière conditionnelle du FMI aux pays en difficulté a été contestée. Il a alors créé un Bureau d'évaluation indépendant (IEO, Monetary Independent Evaluation Office) chargé d'évaluer sa politique et ses programmes. Ce Bureau vient de publier un rapport détaillé critiquant le rôle du FMI après la crise de 2008.

Nombre des conclusions de l'IEO ont déjà été formulées ailleurs. Supposée détecter les vulnérabilités et les déséquilibres, la surveillance exercée par le FMI sur la zone euro a été inadéquate. Ce dernier a parfois insisté sur l'excès de crédit, le déficit des comptes courants ou le manque de productivité, mais en a sous-estimé les conséquences.

Cela traduisait une tendance à croire, peut-être inconsciemment, que l'Europe est différente. Les pays européens les plus avancés ne présentaient pas les mêmes vulnérabilités que les pays émergents. De grandes institutions comme la Commission européenne ou la Banque centrale européenne (BCE) étaient d'excellentes gestionnaires. Mais pour des raisons peut-être pas très rationnelles, l'Union monétaire a changé les règles du jeu.

C'était peut-être dans l'intérêt des responsables européens, mais pourquoi le FMI était-il prêt à accepter leurs desiderata. C'est peut-être parce que les pays européens disposent d'un pouvoir relativement important au sein du FMI. On pourrait aussi dire que c'est une institution très européanisée, avec à sa tête une ou un Européen, une grande partie de son personnel européen et une culture européenne.