0

Comment sauver l’euro

BRUSSELS – L’Union européenne doit revenir sur un point de constitutionnalité. L’euro n’était pas né que déjà, les pères de l’UEM (Union économique et monétaire), inquiets pour sa stabilité, prédisaient que le laxisme budgétaire en serait le grand ennemi. Les Etats membres de la zone euro n’ont jamais voulu renoncer, malgré cela, à leur souveraineté fiscale.

Assorti de la fameuse clause de non-refinancement (“no bailout”) du Traité de Maastricht, le Pacte de stabilité et de croissance était censé résoudre cette difficulté. Le Traité avait pour objectif d’imposer une discipline de marché, le Pacte, celui de veiller à la stabilité financière, en maintenant les déficits publics en deçà d’une limite infranchissable.

Ni l’un ni l’autre n’a répondu à ces objectifs. Les déficits se sont approfondis et la clause de non-refinancement s’est vue recalée dès la première épreuve, la crise grecque. Le 11 février, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne déclaraient officiellement: “Les Etats membres de la zone euro prendront des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble”.

Discipliner le marché via la clause de non-refinancement est une entreprise promise à l’échec: en cas de choc systémique, on cherche avant tout à préserver la stabilité des marchés, et ce premier réflexe inhibe presque toujours la volonté de limiter l’aléa moral qui résulte des grâces faites à l’emprunteur imprudent de ses dettes. Mais le gouvernement des Etats-Unis en avait jugé autrement, et en septembre 2008, il a laissé s’accomplir la faillite de Lehman Brothers pour garantir le fonctionnement de la discipline de marché. Le désastre qui a suivi est une illustration des dégâts liés à une faillite non maîtrisée.