Mecca.

Une alternative à La Mecque

LOS ANGELES – La récente bousculade meurtrière, au cours de laquelle plus d’un millier de pèlerins qui venaient accomplir le hadj ont été piétinés à mort, est un rappel tragique de la place prédominante qu’occupe cette ville dans le monde musulman. Selon la tradition théologique, chaque musulman a le devoir de s’y rendre au moins une fois dans sa vie, s’il le peut.

Mais dans la pratique, ce n’est qu’à une époque récente que le pèlerinage à La Mecque a pris une telle dimension dans la foi islamique. La cité a toujours revêtu une signification symbolique, mais son importance pour des millions de musulmans dans le monde est essentiellement un phénomène moderne, qui a pris de l’ampleur ces dernières décennies grâce à l’encouragement donné par les autorités saoudiennes et les religieux fondamentalistes wahhabites au tourisme religieux qui leur permet d’étendre leur influence.

Pendant la plus grande partie de l’histoire de l’islam, la grande majorité des musulmans ne se rendait pas à La Mecque. Ils effectuaient plutôt des pèlerinages localement dans les nombreux lieux saints qui existent aujourd’hui encore dans les pays musulmans. Certains sanctuaires sont consacrés à des prophètes du Coran plus anciens que Mahomet, d’autres à des imams chiites ou des saints soufis ; d’autres encore sont dédiés à des femmes musulmanes sanctifiées. Le nom d’un lieu saint, la nécropole de Makli (qui signifie « petite Mecque ») au Pakistan, révèle son ambition à devenir une destination de remplacement pour les pèlerins.

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