12

Un plan de sauvetage européen

LONDRES – Lors de leur rencontre à Rome jeudi dernier, les dirigeants des quatre premières économies de la zone euro ont fait un premier pas vers une union bancaire et en faveur d'un modeste plan de relance en complément du nouveau Pacte budgétaire de l'UE. Mais ce n'est pas suffisant.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est opposée à toutes les mesures destinées à alléger le poids des primes de risque excessives qui pèse sur l'Espagne et l'Italie. Aussi le prochain sommet de l'UE pourrait tourner au fiasco, un fiasco peut-être mortel, car il laisserait sans pare-feu financier efficace le reste de la zone euro en cas de sortie de la Grèce. 

Même si l'on parvient à éviter ce désastre, la division entre pays créanciers et pays endettés sera renforcée et les pays de la "périphérie" ne retrouveront pas leur compétitivité en raison d'un contexte défavorable pour eux. Cela servirait l'intérêt étroit de l'Allemagne, mais conduirait à une Europe très différente du projet de société ouverte qui a soulevé l'imagination des peuples et nourri l'intégration européenne pendant des dizaines d'années. L'Allemagne deviendrait le centre d'un empire et relèguerait définitivement à la seconde place les pays de la "périphérie". Or ni Angela Merkel ni la grande majorité de la population allemande ne souhaitent cela.

La chancelière allemande rappelle que la réglementation européenne interdit à la BCE (Banque centrale européenne) de résoudre les problèmes budgétaires des pays de la zone euro - et elle a raison. Le président de la BCE, Mario Draghi, a dit sensiblement la même chose. Mais un sujet important est absent du programme du sommet européen : la création d'une autorité budgétaire européenne (ABE) qui ferait en partenariat avec la BCE ce que cette dernière ne peut faire d'elle-même.