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La science économique de nos enfants

TOKYO – La profession d'économiste a largement souffert de la crise. La reine Elizabeth II en attendait sans doute un peu trop lorsqu’elle a posé sa célèbre demande, pourquoi les économistes avaient échoué à prévoir la catastrophe, mais il y a néanmoins un sentiment largement répandu que la plupart de leurs recherches se sont avérées être sans importance. Pire encore, la plupart des avis émis par les économistes ont été de peu d'utilité pour les décideurs qui cherchent à limiter les retombées économiques et financières.

Est-ce que les générations futures feront mieux ? L'un des exercices les plus intéressants dans lesquels je me suis plongé lors du récent Forum économique mondial à Davos était un effort collectif pour imaginer le contenu d'un manuel Principes d’Economie en 2033. Les participants ont fait valoir que de nombreux principes et thèmes sont négligés par les manuels existants, et devraient recevoir plus d'attention dans deux décennies.

Les économistes travaillant à la frontière de l'économie et de la psychologie, par exemple, ont émis l’opinion que la finance comportementale, qui a recours aux faiblesses humaines pour expliquer l'échec de la soi-disant hypothèse des marchés efficaces, deviendrait plus visible. Les historiens de l'économie ont quant à eux expliqué que les manuels futurs intégreront l'analyse de l'expérience récente dans l’évolution historique à plus long terme. Entre autres choses, cela permettrait aux économistes en formation de prendre l'évolution des institutions économiques plus au sérieux.

Les économistes du développement, pour leur part, ont expliqué que beaucoup plus d'attention serait accordée aux essais randomisés et expériences sur le terrain. Les économètres appliqués ont souligné l'importance croissante des « masses de données » et la probabilité que les grandes bases de données auront considérablement amélioré notre compréhension de la prise de décision économique d'ici 2033.