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Retenir les nationalistes économiques européens

PARIS – Les gouvernements français et allemand ont, dans l’urgence, sauvé l’industrie automobile par d’importants apports de fonds, mettant en évidence que dans l’ensemble de l’Union Européenne, la politique industrielle réveillait sa vengeance. Mais, tout au long de l’année passée, les responsables français, allemands et d’autres pays européens ont ouvré contre plutôt que dans le sens de leurs partenaires pour mettre en place ces politiques. Certains secteurs ont par conséquent reçu un soutien excessif tandis que d’autres étaient exclus du marché.

La leçon à en tirer est pourtant claire : les gouvernements européens doivent travailler ensemble lorsqu’ils établissent leur politique industrielle. Mais ils doivent aussi faire bien plus pour promouvoir l’innovation et la compétitivité.

Les gouvernements français et allemands sont intervenus l’année dernière par d’importantes injections de capital pour compenser la désertion des actionnaires. Ils ont soutenu une demande affaiblie en finançant les ventes, en stimulant la recherche dans les technologies plus propres et en protégeant les emplois. Ces mesures de relance placent les intérêts nationaux en priorité, selon l’argument qui prétend que l’argent des contribuables doit être utilisé pour défendre les compagnies et la main d’ouvre nationales.

Les autorités françaises ont poussé cette démarche un peu plus loin avec la création d’un Fonds stratégique d’investissement (FSI), visant à protéger les capitaux nationaux des desseins prédateurs des investisseurs étrangers. Ce retour en bloc aux politiques industrielles d’un autre temps et la réticence des gouvernements à laisser faillir même les sociétés les moins compétitives, devrait constituer une réelle source d’inquiétude généralisée.