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L'argent hélicoptère plutôt que la récession

LONDRES – Après des années si ce n'est des décennies de mise à l'écart, la politique budgétaire revient sur le devant de la scène. La cause en est simple, la reprise est difficile après la crise mondiale de 2008.

De ce point de vue l'exemple de l'Europe est le pire qui soit : son PIB n'a quasiment pas augmenté au cours des quatre dernières années et le PIB/habitant y reste inférieur à son niveau de 2007. Et les prévisions ne sont pas bonnes. Selon un rapport de la Banque centrale européenne (BCE) publié en juillet, la production réelle de la zone euro en 2014 et 2015 était probablement inférieure de 6% à la production potentielle, 4 points de pourcentage de plus que la prévision initiale. Et la BCE de conclure : "les mesures destinées à stimuler la demande agrégée (notamment les mesures budgétaires et monétaires) devraient jouer un rôle encore plus important dans la politique économique" - des paroles fortes pour une banque centrale.

La politique budgétaire est hors jeu depuis 2010. En raison de déficits sans précédent depuis la guerre et des taux d'endettement faramineux, l'austérité est alors apparue comme le seul recours possible.

Dans ces conditions la politique monétaire était le seul outil restant pour stimuler l'économie. La Banque d'Angleterre et la Réserve fédérale américaine ont injecté énormément de liquidité dans l'économie avec leur politique de relâchement monétaire consistant à acheter massivement des titres d'Etat et des titres de sociétés privées. En 2015 la BCE a également commencé à acheter des actifs, une mesure que son président, Mario Draghi, a promis de maintenir jusqu'à ce que le taux d'inflation se rapproche de l'objectif fixé.