0

La Palestine a-t-elle gagné ?

TEL AVIV – Le sombre spectacle qu’a constitué l’isolation d’Israël lors du débat autour de la reconnaissance de l’état Palestinien à l’ONU est le tsunami politique annoncé par les opposants du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu si Israël ne parvenait pas à proposer une initiative de paix audacieuse. Mais surtout, les discours prononcés par les deux rivaux devant l’Assemblée générale de l’ONU, Netanyahu et le président Mahmoud Abbas, ont démontré qu’il serait vain de tenter de ramener les deux parties à la table des négociations.

Les discours ne font pas la paix, mais ils peuvent en assurer la probabilité. Netanyahu et Abbas ont encore une fois tous deux fait la preuve de ce que l’aspect politique autour du « processus de paix » entrave la cause de la paix. Chacun des deux dirigeants a opposé une totale indifférence aux principales préoccupations de l’autre, et n’a servi que son propre camp, y compris le Hamas et les colons israéliens, faisant clairement savoir urbi et orbi que le fossé qui sépare leurs positions respectives est plus profond que jamais.

Netanyahu ne pouvait pas admettre les pêchés de l’occupation, ni même exprimer, ne serait-ce que du bout des lèvres, une forme d’empathie pour la tragédie palestinienne d’expropriation et de dispersion. La marche folle d’expansion d’Israël en Cisjordanie ne lui pose aucun problème.

En effet, l’appel à la paix de Netanyahu sonnera creux aussi longtemps qu’il continuera à envisager l’occupation d’une large part du futur état palestinien comme la seule solution à la sécurité légitime d’Israël. La vallée du Jourdain et les collines de Judée et de Samarie sont indubitablement stratégiques pour un pays dont la largeur est celle d’une avenue de Manhattan. Mais la démilitarisation, le déploiement de forces internationales, et les arrangements sécuritaires strictes pourraient constituer une réponse. Les préoccupations autour de la sécurité ne peuvent plus être considérées comme un droit d’expansion territoriale.