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La fausse promesse économique de la gouvernance mondiale

CAMBRIDGE – La gouvernance mondiale constitue le leitmotiv des élites de notre époque. La montée en puissance des flux internationaux de marchandises, services, capitaux et autres informations produites par l’innovation technologique et par la libéralisation des marchés auraient rendu les pays du monde trop interconnectés, considèrent-ils, ce qui ne leur permettrait plus aujourd’hui de résoudre seuls leurs difficultés économiques. C’est ainsi qu’est mise en avant la nécessité de règles, d’ententes et d’institutions globales.

Cette conception est aujourd’hui si largement admise que la remettre en cause revient à contester la rotation de la Terre autour du soleil. Or, ce qui vaut effectivement dans le cas de véritables problématiques globales, telles que le changement climatique ou la propagation des épidémies, ne se vérifie pas nécessairement concernant la plupart des questions économiques. Contrairement à ce que l’on entend souvent, l’économie mondiale ne constitue pas un patrimoine commun. Dans ce domaine, la gouvernance globale ne peut que produire des résultats limités – voire provoquer certains dégâts.

Si le changement climatique, par exemple, est effectivement une problématique qui nécessite une coopération globale, c’est parce que la planète ne présente qu’un seul et unique système climatique. Peu importe où sont générées les émissions de gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs pour cela que les restrictions nationales régissant les émissions de carbone ne produisent que des résultats limités, voire nuls, à l’échelle du pays qui les applique.

Par opposition, les politiques économiques judicieuses – parmi lesquelles l’ouverture sur l’extérieur – bénéficient d’abord et avant tout aux économies nationales qui les appliquent, de même que le prix des mauvaises politiques économiques est principalement supporté par le pays qu’elles concernent. La prospérité économique des États dans leur individualité dépend bien davantage de ce qui est fait sur le plan intérieur que de ce qu’il se produit à l’étranger. Si l’ouverture économique est souhaitable, c’est parce que les politiques d’ouverture s’inscrivent dans l’intérêt du pays concerné – et non parce qu’elles bénéficient aux autres États. L’ouverture et les mesures judicieuses qui contribuent à la stabilité économique du monde reposent sur des intérêts nationaux, et non sur un esprit de globalité.