7

Une feuille de route pour l’économie indienne

NEW DELHI – Le prochain Premier ministre de l'Inde, Narendra Modi, a promis de transformer en profondeur l'économie atone de son pays. Lorsqu'on lui a demandé récemment des précisions au sujet de ses plans de réforme, Modi a répondu que sa feuille de route était tout simplement que « notre PIB doit croître ». Ce qui semble être un objectif évident, malgré que l'Inde semble l’avoir perdu de vue au cours des dernières années.

Quels seront les changements nécessaires pour ramener l'économie indienne vers une croissance durable ? Nous croyons que les cinq faits simples concernant l'économie indienne que nous détaillons ci-dessous en détiennent la clé.

Premièrement, l'Inde est un « jeune » marché émergent. Cela signifie que le maintien d'un taux élevé de croissance économique pour les cinq prochaines années peut se faire sans demander de modification spectaculaire des institutions indiennes. La production d'un pays dépend de ses intrants, à savoir sa force de travail et son stock de capital, ainsi que de l'efficacité avec laquelle elle les utilise. Lorsque le stock de capital – y compris l'infrastructure – est déficient, les investissements en capital représentent l’une des façons les plus rapides pour générer de la croissance (tant que le financement est disponible). Il s'agit des « fruits mûrs » que Modi devrait cueillir immédiatement. Augmenter l'efficacité de l'utilisation des ressources ainsi que le niveau de compétences de la force de travail sont des processus beaucoup plus difficiles et progressifs.

Deuxièmement, le secteur des services a été le principal moteur de la croissance économique au cours des dernières décennies. La part de l'industrie dans la valeur ajoutée est bloquée à 25% et la part des micro et petites entreprises dans l'emploi manufacturier en Inde est de 84%, comparativement à 25 % en Chine. Il s’agit d’un niveau anachronique pour un pays au niveau de développement de l'Inde. Le fait que l'Inde soit passé d'une économie agricole à une économie axée sur les services avec une croissance quasi nulle dans l'industrie n'est pas une vertu ; c’est le résultat de politiques qui ont entravé les entreprises manufacturières et l'exploitation minière.