29

L'Allemagne contre le Partenariat transatlantique ?

BERLIN – Il vaudrait mieux que les négociations sur le Partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP, Transatlantic Trade and Investment Partnership) entre les USA et l'UE aboutissent prochainement. Effectivement, des élections auront lieu cette année aux USA et l'année prochaine en France et en Allemagne, et les campagnes se dérouleront dans un environnement de plus en plus hostile aux accords internationaux - quels qu'ils soient. Le plus grand risque pourrait venir de là où on l'attend le moins : de l'Allemagne, grande puissance exportatrice !

Actuellement 70% des Allemands sont opposés au TTIP, presque le double de la moyenne des autres pays européens. Une grande majorité d'entre eux estiment que cet accord nuira à leur pays, aux droits des citoyens et à la protection de l'environnement, conduira à une baisse des salaires des travailleurs non qualifiés et que les grandes entreprises en tireront bénéfice au détriment des consommateurs.

Mais un grand nombre d'études montrent que ces craintes sont exagérées, voire infondées. Les progrès de l'Allemagne depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale tiennent à son intégration économique et à son ouverture constante au commerce international. En Europe, son économie est l'une des plus ouvertes et des plus tributaires du commerce. C'est pourquoi elle serait parmi les principaux bénéficiaires de l'accord.

Grâce au TTIP, en Allemagne le revenu par habitant devrait augmenter d'environ 1% à 3% (300€ à 1000€) d'ici 2035. Près de la moitié des emplois étant liés de près ou de loin au secteur exportateur, l'accord contribuera à leur maintien. Grâce à normes commerciales communes, il favorisera la compétitivité des entreprises allemandes sur les marchés internationaux. Son effet net sur l'économie allemande et le bien-être de ses citoyens serait clairement positif.