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L'Allemagne doit sauver l'euro !

NEW-YORK – Les marchés financiers détestent les incertitudes, c'est pourquoi ils sont aujourd'hui en mode de crise. Afin de résoudre la crise de leur devise commune, les pays de la zone euro ont pris des mesures significatives dans la bonne direction, mais de toute évidence ils ne sont pas allés assez loin pour rassurer les marchés.

Lors de leur sommet du 21 juillet, les dirigeants européens ont pris seulement des demi-mesures. Ils se sont mis d'accord sur l'idée que leur nouveau mécanisme destiné à aider les pays en difficulté financière, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) devra traiter les problèmes d'insolvabilité, mais ils n'ont pas suffisamment accru son envergure et ils n'ont pas réussi à établir une autorité budgétaire crédible pour la zone euro. Par ailleurs le FESF ne sera pas opérationnel avant septembre dans le meilleur des cas. En attendant, les réserves de liquidité de la Banque centrale européenne (BCE) sont le seul moyen d'éviter l'effondrement du prix des bons du Trésor émis par plusieurs pays européens.

De la même manière, les dirigeants de la zone euro ont étendu les prérogatives du FESF aux questions d'insolvabilité des banques sans transférer à un mécanisme européen la supervision bancaire des institutions nationales. Ils ont établi un plan de secours conséquent au bénéfice de la Grèce, mais sans parvenir à convaincre de son succès : ce plan incluait la participation des détenteurs d'obligations, mais cela a bénéficié davantage aux banques qu'à la Grèce.

Encore plus inquiétant, si l'Europe a finalement adopté le principe appliqué depuis longtemps par le FMI selon lequel les pays bénéficiant d'un plan de secours ne doivent pas être pénalisés par des taux d'intérêt exorbitants, ce principe n'a pas été étendu aux pays qui sont encore "hors plan de secours". Ainsi l'Espagne et l'Italie ont dû payer des intérêts bien plus importants sur leurs propres emprunts que ce qu'ils ont reçu de la Grèce. De ce fait, ils ont le droit de ne pas participer au plan de secours destiné à ce pays, laissant entrevoir son échec possible. Conscients de ce danger, les marchés financiers ont augmenté à des niveaux insoutenables les primes de risque sur les obligations espagnoles et grecques. L'intervention de la BCE a certes été utile, mais elle n'a pas résolu le problème.