0

Sur les suites de la réunification allemande

Je commence à écrire cette chronique deux jours après un très étonnant anniversaire. Le 3 octobre 1990, il y a tout juste 21 ans, était la date de prise d'effet d'une décision surprenante, le vote du 23 août par la chambre des députés, la Volkskammer, d'Allemagne de l'Est, d'une déclaration unilatérale d'adhésion des Länders d'Allemagne de l'Est à la Constitution de l'Allemagne de l'Ouest, ce que l'article 23 de cette Constitution permettait mais au sujet de laquelle ni le Parlement ni le Gouvernement d'Allemagne de l'Ouest n'avaient été consultés ! La réunification était faite. Ses modalités détaillées furent précisées par un traité signé à Berlin le 31 août 1990 et ratifié par les deux Parlements de l'Est et de l'Ouest le 20 septembre. Le traité de paix entre les deux états allemands et les quatre alliés victorieux fut signé à Moscou le 12 septembre 1990 et la réunification officielle proclamée le 3 octobre. C'est l'anniversaire que nous fêtons.

Tout cela a changé le monde. Trois personnages dont un collectif, ont accompli ce gigantesque travail.

Le premier est Gorbatchev, en approuvant l'acte initial qui a déclenché les mouvements de foule, l'ouverture des frontières entre l'Autriche et la Hongrie, et surtout en annonçant qu'en aucun cas les forces soviétiques n'interviendraient pour soutenir contre leurs peuples les régimes en difficulté, ce qui visait principalement l'Allemagne de l'Est. Le second est le Chancelier d'Allemagne de l'Ouest Helmut Kohl qui, débordant les prudences de ses alliés, s'est rué dans la brèche ainsi ouverte, et le troisième est tout le peuple d'Allemagne de l'Est qui, dans la rue et à tous risques, au moins au début, a poussé tous ces mouvements.

Tout cela a d'abord et profondément changé l'Allemagne. Mais la manière dont les choses se sont produites a aussi changé pour quelques temps les rapports de l'Allemagne avec ses alliés. Etats-Unis, Grande Bretagne et France ont tous trouvé que tout cela allait trop vite, que la sécurité internationale risquait d'être menacée dans l'hypothèse où la nouvelle Allemagne ne confirmerait pas son appartenance à l'OTAN. Elle a fini par le faire, mais on a vécu quelques mois où l'on a craint que la Russie ne mette le retrait de l'Allemagne de l'OTAN comme condition à son acceptation...