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L’Afrique et le moment de vérité du G20

LAGOS – L’année qui s’écoule s’avère celle des bouleversements mondiaux ; non seulement celle de la révolte politique et de l’incertitude économique, mais aussi celle de l’innovation, de la transformation et de l’émergence d’idées nouvelles.

Les institutions de la gouvernance mondiale font face à de nombreux défis : ralentissement de la croissance économique, volatilité des marchés financiers, chute des prix des matières premières, vulnérabilité des économies émergentes (particulièrement de la Chine), vagues de migrants et de réfugiés, tensions géopolitiques, montée des inégalités et morcellement social, menaces enfin de la violence extrémiste. C’est pourquoi, dans un monde de plus en plus fragmenté et incertain, les dirigeants politiques doivent s’engager au sommet du G20 de Hangzhou, en Chine, dans la voie d’un multilatéralisme renouvelé.

En l’occurrence, s’ils souhaitent se conformer au thème affiché du sommet – « Vers une économie mondiale innovante, revigorée, interconnectée et inclusive » –, les États participant au G20 doivent mettre l’accent sur la stabilité financière et la croissance durable dans les pays développés comme dans les pays en développement, notamment en Afrique. Pour que ce sommet soit un succès, il faut que les États membres réaffirment – et renforcent – leur engagement dans quatre domaines.

Tout d’abord, les pays du G20 doivent admettre qu’énergie, climat et développement sont intimement liés et cesser de subventionner les émissions de carbone. De nombreux pays du G20 dépensent aujourd’hui des milliards de dollars d’aide à l’exploitation de nouvelles réserves de charbon, de pétrole ou de gaz. Plutôt que d’utiliser l’argent du contribuable pour entretenir le changement climatique, ces États devraient relever le prix du carbone par l’impôt (une nécessité criante pour l’Afrique, qui paiera le prix lourd si doivent survenir des catastrophes climatiques, alors qu’elle n’a que très peu contribué au réchauffement).