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De Rome à Moscou

Un des rêves du défunt pape Jean-Paul II était de se rendre à Moscou pour forger le rapprochement avec l’Église orthodoxe. Pourtant, même s’il fut invité à Moscou par les trois plus récents présidents russes, Vladimir Poutine, Boris Eltsine et Mikhaïl Gorbatchev, c’est l’opposition du patriarche orthodoxe Alexis qui a empêché le pape de faire ce voyage avant sa mort. Le pape Benoît XVI parviendra-t-il à réaliser ce que son ami et prédécesseur ne put accomplir ?

Malgré le retour récent en Russie de l’icône de Notre Dame de Kazan qui décorait autrefois les murs de la chambre de Jean-Paul II, les relations entre le Vatican et le patriarche restent tendues. Aussi M. Poutine, qui habituellement semble omnipotent, reste très prudent quant à inviter le pape Benoît XVI. Cette prudence est renforcée par un nouveau facteur politique : la défense de la religion orthodoxe est devenue le pilier d’un idéal nationaliste sur lequel M. Poutine cherche à fonder la légitimité de son régime.

C’est la raison pour laquelle M. Poutine fut l’un des rares chefs d’État de premier plan à n’avoir pas assisté aux funérailles de Jean-Paul II. Bien que l’Église orthodoxe ait envoyé une délégation, le patriarche Alexis II a averti, immédiatement après les funérailles, que les désaccords entre les deux branches de la chrétienté sont plus profonds que la question de la nationalité polonaise de l’ancien pape, qui a toujours été un point douloureux pour les slaves orthodoxes russes.

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